MON CHEVAL ET MOI

Mieux les comprendre pour mieux les aimer

26 février 2007

MONTY ROBERTS

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Connu dans le monde entier pour avoir inspiré le personnage principal du roman « L’homme qui murmurait aux oreilles des chevaux », Monty Roberts pourrait être défini comme le « chuchoteur » par excellence.
Il peut être considéré à juste titre comme l’un des pères fondateurs de l’équitation éthologique, ceux que l’on appelle les nouveaux maîtres.
Il est né le 14 mai 1935 dans la petite ville de Salinas en Californie.
Dès son plus jeune age, il est en contact quotidien avec les chevaux. Il passe son enfance et son adolescence dans le ranch familial.

Très tôt, il se montre doué en selle. Il participe ainsi dès âge de quatre ans à ses premières épreuves de "junior stock horse class", une compétition de rodéo pour jeunes enfants. Elle sera sa première victoire. Il en remportera par la suite de nombreuses autres.
Il commence sa carrière très jeune en tournant comme doublure dans des westerns.
Son talent lui permet être la doublure de James Dean dans « A l’est d’Eden », mais aussi de Charlton Heston ou Elizabeth Taylor pour ne citer qu’eux.

Sa vie d’homme de cheval prend un second tournant, sûrement le plus important, lorsqu’il commence à éprouver une grande rancoeur envers son père.
Dresseur de métier, son père est réputé dans son travail avec les chevaux mais il applique une méthode de dressage traditionnelle jugée « rude » comme le confie Monty Roberts dans son livre « L'homme qui sait parler aux chevaux », voir meme cruelle.
Pour le jeune cheval qui devait être débourré, sa première approche avec la main de l’homme était synonyme de terreur : il s’agissait d’un débourrage de trois semaines où l’objectif était de lui ôter par la violence toute capacité de résistance.
Attaché à un poteau, il se voyait recevoir sur la croupe et les membres postérieurs des sacs de sable de plusieurs kilos, par la suite le même scénario se déclinait alors que le cheval debout ou allongé au sol avait ses membres relevés et attachés à son ventre.
Le cheval finissait par céder sous l'emprise de la peur, de la douleur et de l’épuisement.

Toute la philosophie équestre de Monty Roberts résulte donc d’une révolte contre la méthode traditionnelle qui a traumatisé son enfance. En réaction à cette méthode, il va élaborer une nouvelle approche.

Il tient sa méthode d'une expérience quasi unique.
Une méthode basée sur l’observation du comportement équin et par la suite appliquée avec succès sur des chevaux réputés très difficiles.
À treize ans, en compagnie de son frère Larrie, il se rend pour la première fois dans le désert du Nevada pour y observer des mustangs. Il en retire une expérience inoubliable qu’il reproduira : ainsi, chaque été, il part plusieurs semaines et seul pour observer les troupeaux de chevaux sauvages. Ce jeune adolescent de quinze ans prend conscience que la compréhension du cheval passe avant tout par son observation dans son milieu naturel.
En étudiant leurs comportements, il va déchiffrer leur langage, qu'il appellera « Equus ».
Il le mettra à profit pour élaborer une méthode de dressage et de débourrage dénué de toute contrainte et violence ou la confiance, l’échange et la volonté du cheval prévalent.
C'est ainsi qu'il a appris à développer ce qu'il appelle « une oreille intérieure »,
à écouter ce que les chevaux avaient à lui dire.
Cette nouvelle approche, qui consiste à utiliser le langage et à prendre en compte le point de vue du cheval pour s’adapter à lui et l’amener vers l’homme, ne pouvait être que révolutionnaire.
Sa méthode, appelée la « rencontre » ou « join up » fait que le cheval rejoint de lui- même l'homme, en acceptant sa domination sans brutalité.

Les résultats sont positifs et vont très loin : Il ne lui faut que quelques heures pour venir à bout des chevaux les plus rétifs leur laissant le souvenir d'une collaboration avec l'homme. Il va même jusqu'à appliquer sur des cerfs rodant autour de son ranch.
En 1990, Monty Roberts est invité à faire une démonstration au château de Windsor devant la reine d'Angleterre Elisabeth II. Impressionnée par son talent, elle lui confiera plusieurs chevaux de l’écurie royale pour un débourrage.
Cette rencontre va parfaire sa notoriété mondiale.

Malgré tout, il lui faut encore aujourd’hui beaucoup d'obstination pour convaincre.
Monty Roberts a ainsi fait l’objet de nombreuses critiques controversées, venant même de sa famille, sur sa façon de procéder : en 1997 par exemple, suite à la diffusion d’un reportage de la BBC relatant un débourrage d’un poulain en moins de trois heures, on accuse ouvertement Monty Roberts d’avoir truqué le reportage en ayant préparé le poulain avant le tournage. On l’accuse aussi d’affamer le cheval afin que celui-ci se laisse dominer sans peine.
Pour faire taire les polémiques, il a proposé de relevé un défi: capturer, approcher et monter un mustang sauvage sur son propre territoire, le tout en 3 jours, suivi par la BBC. Le premier jour est consacré à séparer un mustang de sa harde, à le poursuivre et le faire venir à soi de son plein gré en utilisant son territoire comme un round pen, le deuxième à la désensibilisation jusqu’à le mener en longe, et le troisième à la monte, tout cela sans souffrance ni contrainte.
Diffusé sur France 3 en Février 1998 dans Le magazine du cheval, ce reportage avait rencontré un vif succès.
Plusieurs années après, Monty Roberts publiera un livre entièrement consacré à ce jeune mustang, « Shy Boy, le cheval sauvage qui venait du désert ». Il y raconte comment après avoir adopté le mustang dans son ranch de Californie, il lui a offert la possibilité de retourner parmi les siens en le lâchant dans la Cuyama Valley.
Mais « Shy Boy » choisira librement de revenir auprès de ce nouveau maître.

À ce jour, Monty Roberts donne des conférences à travers les Etats-unis dans lesquelles il est parfois mis face à des chevaux réputés irrécupérables et qu'il
ramène en confiance.

Pour en savoir sur Monty Roberts

« L’homme qui sait parler aux chevaux, histoire de ma vie » chez Belin
« Shy Boy, le cheval sauvage qui venait du désert » chez Albin Michel

Site internet : www.montyroberts.com


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ANDY BOOTH

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Depuis 2001, Andy Booth, d’origine australienne, enseigne l’équitation éthologique en France au haras de la Cense dans les Yvelines.
Il y forme des instructeurs spécialisés et encadre la rééducation de chevaux déclarés difficiles ou irrécupérables.

Son parcours fut comme initiatique :
Son enfance passée dans la ferme de ses parents dans l’Outback australien lui a donné la chance être en contact avec les chevaux dès son plus jeune âge.
Cette ferme familiale, où il passait des heures à observer et « jouer » avec les chevaux, fut pour lui le terrain idéal pour l’étude du comportement des chevaux en liberté.
Après ses études, Andrew (Andy) Booth part aux Etats-unis pour compléter sa formation de « chuchoteurs ».

« L’homme aime donner des ordres mais ce n’est pas une bonne méthode. Ce que je sais, c’est qu’avec le cheval, je n’ai pas une relation d’homme orchestre. Je n’ai pas besoin de baguette ou de fouet pour gagner sa confiance. Depuis que je suis tout petit, je sais que les chevaux sont mes frères. C’est pourquoi j’ai décidé d’aller plus loin. J’ai fait le tour d’Australie après mes études et j’ai obtenu une bourse de sa Majesté la Reine d’Angleterre qui m’a permis de continuer à étudier et à progresser pour comprendre les chevaux » résume Andy Booth.

Il y rencontre Pat Parelli pour qui il deviendra l’un de ses élèves les plus doués.
Il côtoiera aussi les plus grands, ceux que l’on peut considérer comme faisant partie des pères fondateurs de l’équitation éthologique :Ray Hunt,Monty Roberts,Buck Brannaman.

Lors des ses tournées avec Pat Parelli à travers les Etats-Unis, Andy Booth se fait connaître et se forge une réputation à hauteur de son talent.
Par l’intermédiaire de Parelli, il est mis en relation avec un riche industriel, William Kriegel, qui possède un domaine de 240 hectares où les chevaux vivent en liberté :
le haras de la Cense à Rochefort-en-Yvelines en France.

Encore une fois, son talent lui permet d’etre sollicité pour travailler avec les plus grands.
Il collabore avec Julia Chevane, avec qui il prépare Calimucho pour les Jeux Olympiques d'Athènes en 2004, Michel Robert, cavalier de saut d'obstacles de haut niveau, et Nicolas Clément, plus jeune entraîneur de chevaux de courses à avoir gagné le Prix de Diane.

« Nous devons essayer de lire le cheval pour parvenir à comprendre son être et son mental. Il faut se comporter comme un partenaire, un camarade de jeu pour gagner sa confiance » tel pourra expliquer Andy Booth qui fait toujours preuve d’une certaine humilité.
Ainsi, c’est au centre équestre d’Intraville, alors que 250 personnes sont installées autour de la carrière, qu’Andy fait son entrée en compagnie de Lolo de Patillou, cheval de trois ans à peine débourré. En moins de deux heures, il réussit à s’en approcher au point que la longe disparaisse et peu à peu vient à gagner sa confiance.
Dans toutes ces démonstrations, avec des chevaux qu’il ne connaît pas, Andy Booth
a toujours réussi à faire aboutir sa relation,sans violence et sans contrainte,et cela sans jamais avoir été mis en difficulté.

À ce jour, Andy Booth est en France, voir même en Europe, le seul véritable nouveau maître à enseigner la méthode éthologique.
Là où il se produit, dans les salons équestres, les journées éthologiques ou les haras et les centres, son talent suscite l’admiration de tous ceux qui s’intéressent aux nouvelles méthodes de dressage.

Pour en savoir sur Andy Booth

Haras de la Cense
78730 Rochefort-en-Yvelines
Tel : 01 30 88 49 00

« Andy, Hommes et chevaux naturellement partenaires » chez Belin
« Les savoirs d’équitation éthologique Tome 1,2 et 3 » chez Le cherche midi

Site internet : www.lacense.com

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LES CHUCHOTEURS

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Depuis plusieurs années, l’éthologie s’impose dans le milieu équestre français.
Familière aux Etats-Unis et en Australie, la démarche de ceux que l’on appelle les « chuchoteurs » privilégie une nouvelle manière, plus naturelle, de communiquer avec son cheval. Ainsi, celui-ci n’est plus considéré comme une simple monture mais un véritable partenaire avec lequel est entretenue une relation fondée sur la confiance et le respect plutôt que sur la force et la soumission.

L’éthologie est la science qui étudie le comportement animalier dans son environnement naturel. Une telle observation offre les outils nécessaires au dresseur pour remplir son objectif : amener le cheval de lui-même vers l’homme, en toute confiance et sans brutalité. Si les chevaux communiquent et s’imposent entre eux par des moyens naturels, le dresseur utilisera alors le meme langage en dehors de tout artifice ou aide matérielle (fouet, cravache, entrave…).
Les premiers journalistes à s’etre intéressés au phénomène éthologique ont cru supposer que les dresseurs ne pouvaient que chuchoter à leurs chevaux pour obtenir d’eux une réaction, tant leurs mouvements étaient imperceptibles sinon trop grossiers et donc incompris pour le public. Ainsi sont nés les « chuchoteurs », ceux qui murmurent à l’oreille des chevaux.
En fait, les « chuchoteurs » ne murmurent pas à leurs chevaux.
Ils utilisent un langage gestuel et corporel comparable à celui du cheval, à savoir basé sur des signes, et qui, aussi fin soit-il, prend toute son importance et s’impose dans la relation entre le dresseur et le cheval.

L’approche directe ou par la brutalité est rejetée. Les coups,quels qu’ils soient, de même que la méthode traditionnelle, qui consistait à frapper de sacs lestés un cheval attaché pour le soumettre par la peur et l’épuisement jusqu’à sa soumission totale, sont aux antipodes de l’esprit des « chuchoteurs ».
Si certains dresseurs ou pratiquants utilisent encore la force ou la contrainte pour imposer certaines situations à un cheval récalcitrant, et cela, sans prendre en compte le point de vue du cheval, la persuasion et le respect font partie des maîtres mots des « chuchoteurs ».
Il suffit de relire cet extrait du livre de Ray Hunt, « L’homme et le cheval en harmonie », pour se rendre compte à quel point la persuasion au lieu de la contrainte est un élément important,sinon clé, dans la construction de la relation avec le cheval: « Vous pouvez demander à un cheval d’exécuter ce que bon vous semble, mais quand vous le sollicitez, il doit réagir comme si c’était sa propre idée qu’il met à exécution ».
Il faut considérer la position du cheval dans son environnement naturel, c’est à dire celle d’une proie, pour commencer un débourrage ou un dressage.
Le débourrage est pour le jeune cheval le premier contact direct avec la main de l’homme. Une large part de son attitude dans l’environnement humain dans lequel il va évoluer au cours de son existence, sera expliqué par le souvenir laissé de ce premier contact. Elle sera la trace d’un souvenir traumatisant, brutal ou d’une collaboration juste et bonne. Cette position comme animal proie fait qu'à toute situation déplaisante ou inconnue, il pourra réagir par la fuite ou la peur.
Il peut se mettre en danger tout autant qu’il met en danger ses partenaires.
C’est pourquoi le dresseur doit prohiber la brutalité pour inspirer la confiance et obtenir tout ce que le cheval peut pleinement donner. Dans cette approche, le dresseur cherche à se faire passer pour l'étalon, le chef de la harde, et donc le dominant sans moyen coercitif.

Les « chuchoteurs » les plus réputés sont américains.
En France, ils sont surnommés les nouveaux maîtres : Pat Parreli, Monty Robert, Buck Brannaman, Ray Hunt et Tom Dorrance.
Tom Dorrance, né en 1910, est le plus ancien des nouveaux maîtres.
Il a bénéficié d’un immense respect aux Etats-Unis.
Pouvant etre considéré comme le père fondateur de cette nouvelle méthode de dressage, il a sans doute été le premier à intégrer ce que l’on n’appelait pas encore l’éthologie dans sa façon d’aborder et de dresser les chevaux.
Tom Dorrance disait : « Le fait d’étudier leurs actions et leurs réactions m’a aidé à comprendre comment me présenter moi-même aux chevaux de telle sorte qu’ils puissent répondre à mes sollicitations » ou « La plupart du temps,
Les problèmes viennent du fait que les gens ne comprennent pas ce besoin de préservation et cela empêche le cheval d’avoir confiance ».
Chaque fois que quelqu’un se plaignait d’avoir un problème avec son cheval,
Il leur rétorquait « c’est plutôt votre cheval qui a un problème d’humain ».
Tom Dorrance jetait ainsi les bases d’une approche révolutionnaire.
L’équitation éthologique venait de naître.

Tous ces hommes organisent des stages, réalisent des démonstrations en public lors de tournées. Ils dirigent des établissements où sont formés des dresseurs mais aussi ils y soignent des chevaux rétifs et perdus aux yeux de l'équitation traditionnelle.

Si la méthode éthologique est la plus démonstrative dans le débourrage des chevaux, cette phase où le cheval apprend à avoir confiance en l’homme, à être bridé, sellé et monté pour la première fois, l’éducation du cheval par cette méthode doit s’inscrire dans la durée et s’imposer constamment comme un impératif de bien etre aussi bien pour le cheval que pour ceux qui le manipulent au jour le jour.
Pour certains des amateurs de ce sport exigeant, la pratique de l’équitation peut devenir une activité souvent mal vécue voire traumatisante parce que ce rapport de force entre l’homme et le cheval engendre parfois des situations conflictuelles. Cela justifie les raisons de ceux qui refusent la pratique équestre par la peur ou la crainte que cette relation puisse susciter.
À l’opposé de ce constat, l’équitation éthologique entend offrir les bases d’une relation sereine avec le cheval car cette méthode vise notamment à gérer les peurs naturelles aussi bien du cheval que du cavalier et à rétablir la confiance.
Ce climat de confiance entre l’homme et le cheval va faciliter sa manipulation lors des soins, du pansage ou du toilettage, ainsi que dans la pratique montée.

« L’équitation éthologique s’inscrit dans une période de forte prise de conscience de la sécurité. Pour anticiper les réactions d’un cheval, il faut bien connaître son fonctionnement mental, En éthologie, le cheval apprend à faire confiance à l’homme » estime William Kriegel, le directeur du haras de la Cense où exerce depuis 2001 Andy Booth, l’un des meilleurs élèves de Pat Parelli.

La philosophie des « chuchoteurs » n’est pas un effet de mode.
Son succès correspond à une véritable attente de la part des pratiquants en quête d’harmonie avec leur cheval.
De plus, cette approche de l’équitation, et plus simplement du cheval en général, est un mode de pensée novateur qui peut bouleverser la conception même de la pratique équestre : persuader le cheval plutôt que le soumettre, le convaincre au lieu de le contraindre et sans moyen coercitif.
De Tom Dorrance à Pat Parreli, les « chuchoteurs » ont intégré ce concept de dressage et d’éducation en douceur en prenant en compte le point de vue du cheval.
Toute la différence avec l’enseignement classique vient de ce nouveau concept.
L’éthologie ne vient pas supplanter l’enseignement de l’équitation classique ou académique mais vient comme un complément indispensable pour mieux comprendre et connaître son cheval.

Posté par torgal à 22:07 - PORTRAITS : les chuchoteurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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