04 janvier 2007
LA NOTION DE TERRITOIRE
LA NOTION DE TERRITOIRE
LE SENS DE LA PROPRIÉTÉ
De très nombreux animaux sont territoriaux et ont développé un sens aigu de la propriété. Ils interdisent généralement l’accès de leur territoire aux membres de leur propre espèce et sont prêts à engager certains combats contre leurs congénères, comme les félins ou certains animaux domestiques.
Le cheval quant à lui n’est pas un animal territorial. Même s’il se reconnaît souvent dans un domaine vital délimité, il est par son instinct un migrateur qui se déplace en fonction de ses besoins alimentaires.
LE CHEVAL EST NOMADE
La notion de territoire implique la délimitation des frontières d’un domaine.
Faute de clôtures, les animaux se contentent de laisser des messages visuels ou olfactifs à leurs congénères. Cela prend la forme de dépôts d’excréments autour de leurs terres ou de frottements contre la végétation pour l’imprégner d’odeur.
L’âne par exemple est un animal territorial. Les mâles restent sur leurs terres et les défendent contre toutes intrusions de la part de congénères mâles.
Ils accueillent en revanche les femelles et s’accouplent avec celles en chaleur traversant leur espace vital.
Le cheval n’entre pas dans cette catégorie. Il se déplace avec son groupe sans que rien ne le retienne à la terre. Les chevaux vont donc vagabonder en grands troupeaux et se côtoient sans grande difficulté sur les pâturages ou les points d’eau.
Malgré cette apparence sociable et grégaire, ces hardes à l’état sauvage, parfois gigantesques, restent composées de multiples familles et groupes distincts.
Ils restent néanmoins dans la même région tant que la nourriture et l’eau sont en abondance auquel cas on assiste à des migrations.
Les traces de crottins ne sont donc pas des limites de territoire. Déposées lors des déplacements, elles servent de bornes indiquant la piste à suivre.
En cas de pénurie, les chevaux peuvent donc migrer d’une région à l’autre plus fertile.
Ils utilisent toujours les mêmes chemins de transhumance et se rendent dans les mêmes herbages d’une année à l’autre.
Dans les Pyrénées par exemple, les mérens ou les pottocks sont lâchés dans la montagne sur de vastes territoires. Ils rejoignent souvent seules les estives de l’année précédente et par la même route de transhumance. Ils passent ensuite l’été au sein d’un domaine vital ce qui explique que les éleveurs ne les perdent pas. Ils couvrent toutefois beaucoup de terrain et il n’est pas toujours facile de les retrouver là où ils se cantonnent.
LIBRE MAIS SOCIABLE
Un des différences importantes entre les animaux territoriaux et ceux qui ne le sont pas réside dans les rapports sociaux. Chez la plupart des territoriaux, le seul lien très fort qui se développe entre deux individus concerne la mère et son petit.
Chez le cheval, au contraire, des liens d’affection se tissent. Des paires d’amis se constituent donc au sein d’un groupe. Cette relation est facile à reconnaître : ils restent souvent proches les uns des autres et se prodiguent des grattages mutuels.
Cette faculté à tisser des liens d’amitié est particulière aux chevaux.
Ils l’ont conservé de leur passé de nomades vivant en groupe.
L’OBSERVATION AU PRÉ
Les chevaux domestiqués ont peu d’espace à leur disposition et leur vie au pré ne ressemble que de loin à celle que vivent les chevaux libres.
Malgré tout on retrouve certaines résurgences du mode de vie en liberté.
On constate ainsi, que même sur de petites parcelles, aucun cheval n’accapare une portion du terrain pour son usage exclusif. Au pré, les chevaux restent d’ailleurs en groupe et ont conservé cette faculté à développer des amitiés.
Si, à l’approche du point d’eau ou du roundball à foin, les individus dominants chassent parfois certains chevaux, cela correspond au besoin de manger et boire avec les chevaux subalternes du même groupe et n’a pas de rapport avec un quelconque sens de la propriété.
Si l’on étudie un pré dans lequel pâturent des chevaux, on peut faire de nombreuses observations intéressantes.
Tout d’abord, on repérera les sentiers par lesquels ils se déplacent.
Souvent ceux-ci sont les mêmes, un choix identique à celui des chevaux sauvages.
Ces passages dessinent à l longue des sentes dépourvues de végétation.
On découvrira la zone de roulage toujours la même, et généralement assez poussiéreuse. En étant plus attentif, on remarquera qu’ils se reposent souvent aux mêmes endroits.

